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47Voici une carte illustrant la complexité de la féodalité vers la fin du Moyenâge dans notre région !
Selon qu’on était de tel ou tel village, on relevait, du point de vue juridictionnel, de tel  ou tel seigneur : Duché de Lorraine (rouge), Evêché de Metz (violet), Duché de Bar (vert), Marquisat de Nomeny (brun), Comté de Fénétrange (gris), Pays Messin (bleu), Comté de Salm (jaune) … Et que ce soit dans le temps ou l’espace, rien n’était figé !

La mort du grand duc Charles le Téméraire en 1477 à Nancy mit fin au conflit entre Lorraine et Bourgogne mais, tant au niveau des lieux-dits de nos cadastres que des noms de famille « bien de chez nous », l’épisode bourguignon a marqué les mémoires !
Le duc René II fit édifier une chapelle « Notre-Dame de la victoire » ou « chapelle des Bourguignons » à Nancy. Stanislas la fera remplacer par une nouvelle église « Notre-Dame de Bonsecours » (vocable de la chapelle originelle). Renfermant le mausolée du roi de Pologne, elle est considérée de nos jours en Lorraine comme l’« église des Polonais » !

Sur la carte des états du duc René II dressée avant sa mort en 1508, on voit que la partie correspondant à notre Saulnois est bien centrée et apparaît comme l’une des plus  actives du « Lotharingia Vastum Regnum », le vaste royaume de Lotharingie.

53En 1552, le roi de France Henri II, profitant de sa qualité de vicaire impérial, fit occuper les trois villes épiscopales : Toul, Metz et Verdun. L’échec de l’empereur Charles Quint pour reprendre Metz défendue par le duc de Guise fit basculer de facto dans l’orbite française les trois évêchés donc Vic ainsi que toutes ses châtellenies .
En 1575, Louise de Lorraine, cousine du duc Charles III, épousa le jeune Roi Henri III, devenant ainsi la bru de Catherine de Médicis. Louise était née au château de Nomeny où un vitrail de l’église représente le mariage royal.

Le XVIe siècle est aussi celui des guerres de religion.
Dans le choeur de la collégiale de Marsal, l’imposant monument funéraire de Fouquet de la Routte, gouverneur de cette ville, nous rappelle la mort en 1589 de ce gentilhomme « uniquement aimé de son Altesse et des Princes Catholiques » .
Les huguenots ruinèrent l’abbaye de Salival (l’inscription évoquant sa restauration en 1590 est toujours visible à gauche du portail du domaine) et le prieuré de St-Pient à Moyenvic (monument à voir au cimetière du village).

Le début du XVIIe siècle allait marquer le triomphe de la Contre-Réforme et Vic, alors capitale du Temporel de l’Evêché de Metz, apparut comme l’un des bastions principaux avec la floraison de nouveaux monastères en la ville : les Carmes, les Capucins, les Dominicaines et les Dames de la Congrégation de St-Pierre Fourrier.
Le grand peintre Georges de la Tour, né ici en 1593, passa son enfance et sa jeunesse en cette grande période marquant l’apogée de « Vic l’évêchoise ». Plusieurs maisons bourgeoises possèdent encore de superbes portes au style typique de ces années 1620-1630 !
Sur cette carte montrant la situation inconfortable de la Lorraine coincée entre le Royaume et l’Empire en ce début de XVIIe siècle, on voit que la politique de grignotage de la région par la France, à commencer par les trois évêchés, fait apparaître une sorte de trouée de pénétration vers l’Est, de Verdun à Vic, en passant par Metz. La « Route d’Allemagne » est déjà là en filigrane !

Mais advint alors la terrible Guerre de Trente Ans commençant en Lorraine par la prise de Vic et de Moyenvic en 1631 par les Français.
Devant l’arrivée de Louis XIII à la tête d’une puissante armée, le duc Charles IV qui avait pris le parti de l’empereur fut contraint de signer le 6 janvier 1632 le Traité de Vic : la place forte de Marsal devait être engagée au Roi de France pour au moins trois ans. La non observance de certaines clauses du traité par le versatile Charles IV devait bientôt déclencher l’occupation de toute la Lorraine par les troupes françaises.
Commencèrent alors véritablement les misères et les atrocités de la guerre ! Une conférence entière ne suffirait pas à décrire toutes les abominations de cette triste période !

Un mal ne sachant seul advenir, la peste et la famine achevèrent de décimer une grande partie de la population. Une stèle insérée dans le mur du cimetière de Château-Salins témoigne de l’épidémie qui emporta un certain « frère Elie de l’Annonciation », prédicateur des Carmes de Metz , le 20 mars 1630. Quant à la famine, elle fut si terrible qu’en 1642, dans un village près de Château-Salins, une femme fut jugée et exécutée pour avoir tué sa mère et mis sa chair au saloir afin de la manger.

55 En cette même année 1642, sur ordre de Richelieu, le château de Viviers fut pris et détruit.
C’était l’un des plus beaux de toute la Lorraine, une des résidences favorites de François de Vaudémont, époux de Christine de Salm, baronne de Viviers.
Il faut dire que leur fils n’était autre que le duc Charles IV, l’« ennemi juré de la France » qui résida, lui aussi, souvent dans ce château !
Notre pays fut pillé et totalement dévasté par toute la soldatesque, tant les Suédois alliés de la France que les Impériaux aux côtés desquels combattaient les Lorrains, sans oublier les mercenaires du général Gallas dont le nom est resté attaché à un lieu-dit du finage de Maizières-lès-Vic.

 Saint Pierre Fourrier eut un rôle majeur dans cette politique lorraine favorable au Saint Empire et hostile à la France. Réformateur de l’ordre des Chanoines Réguliers, sonsouvenir est resté vivace dans le Saulnois. Divers témoins subsistent : Viviers (prieuré), Tincry (tableaux et vitraux), Bacourt (seigneurie), Nomeny (pierre funéraire) et Vic (couvent).

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Suite aux traités des Pyrénées en 1659 et de Vincennes en 1661, le duc fut contraint de concéder à Louis XIV un couloir stratégique d’une demi-lieue de largeur à travers ses états pour permettre aux troupes royales de rallier, en toute indépendance, l’Alsace devenue française en 1648.
La fameuse « Route de France » annexa au Royaume tous les villages situés sur son tracé (Solgne … Delme … Lezey … Azoudange …).
La borne armoriée au lys de France, sise aux confins de Xocourt et Tincry, est à mettre en rapport avec ce « chemin de la demi-lieue ».

En 1663, Charles IV dut se résigner à céder la place de Marsal au « Monarque le plus grand que révère la terre » selon le sonnet de Jean de la Fontaine à la gloire du roi-soleil à propos de cet évènement !59

En 1681, Paul des Armoises ayant passé une grande partie de sa vie à guerroyer aux côtés du duc durant tout ce temps put enfin rentrer en possession de sa seigneurie d’Aulnois.
Il avait désormais le rang de comte et de maréchal de Lorraine !
Son fils, le comte Charles, fut élevé au rang de marquis par le duc Léopold lequel avait recouvré ses états de Bar et Lorraine au traité de Ryswick en 1697. Le pays connut alors une période de paix et de prospérité. Si bien qu’en 1728 notre marquis d’Aulnois se fit bâtir un nouveau château plus digne de son rang, dans le même style que celui de son maître à Lunéville .

En ce début du XVIIIe siècle, apparurent de nouvelles et confortables demeures seigneuriales, carrément intégrées aux vieux châteaux-forts (comme à Aulnois) ou juste en face des anciennes Maisons Fortes (comme à Alteville entre Tarquimpol et Assenoncourt).

61Cette période de prospérité fut mise à profit pour développer et agrandir les salines ducales.
Ce fut le cas à Château-Salins où l’on dressa de nouveaux plans en 1738 au début du règne de Stanislas, beau-père de Louis XV.
Le roi de Pologne était devenu duc de Lorraine après que François-Etienne, fils de Léopold, eut épousé en 1736 Marie-Thérèse de Habsbourg. Le dernier duc de la maison de Lorraine deviendra par la suite empereur du Saint-Empire Romain Germanique sous le nom de François Ier.

Les salines de Dieuze connurent également un essor formidable à cette époque.
Devenues royales en 1766, leur activité atteignit son apogée avec près de cinquante poêles en activité juste avant la Révolution !63

Avant de devenir la grande figure nationale que l’on sait lors de la période révolutionnaire, l’abbé Grégoire avait été vicaire à Château-Salins en 1775 puis à Marimont-la-grande (près de Bénestroff) avant d’être nommé à la cure d’Emberménil. Dans ce village, le Musée qui lui est consacré le représente sur un vitrail lors du fameux Serment du Jeu de Paume !64

En 1790 furent créés les départements et leurs districts. Château- Salins deviendra un chef-lieu d’arrondissement du département de la Meurthe en 1800.

 Après la tourmente révolutionnaire, l’ancien orgue de l’église abbatiale de Salival fut transporté dans le « Temple de la Raison » de Salins Libre. Le riche mobilier de cette abbaye fut dispersé et l’on en retrouve des éléments à Marsal, Vic, Moyenvic, Nancy, Metz …

Puis vint le temps du Directoire et de l’Empire ! C’est le baron de Vincent, seigneur de Bioncourt (sa tombe demeure à l’arrière de l’église) qui représentait l’empereur d’Autriche lors de l’entrevue d’Erfurt entre Napoléon Ier et le tsar Alexandre en 1808.
Il faut dire qu’il appartenait à l’une de ces familles de la noblesse lorraine qui étaient restées fidèles à leur duc quand celui-ci devint empereur du Saint-Empire à Vienne !
Le 21 avril 1809, à la bataille de Landshut, le général Mouton (originaire de Phalsbourg) s’illustra auprès de Napoléon. Le 15 août, au palais de Schönbrunn à Vienne, l’empereur éleva son aide de camp (« ce Mouton est un vrai lion! ») au rang de « comte de Lobau ». Un tableau représentant cette bataille se trouve au château d’Alteville. Il faut dire que l’aide de camp du général Mouton n’était autre que son neveu par alliance, le baron de Grandjean d’Alteville !

 Nous voici maintenant en 1815 à la bataille de Waterloo à laquelle participa le baron de Vincent en qualité de commissaire des alliés auprès du général Wellington.
Il reprit ensuite son poste d’ambassadeur de l’empereur d’Autriche à Paris jusqu’en 1826, date de son retour définitif sur ses terres lorraines de Bioncourt.

La place de Marsal avait beaucoup souffert des bombardements russes lors de la deuxième invasion des troupes alliées. Elle ne sera véritablement restaurée que sous le règne de Louis-Philippe avec la construction de deux forts extérieurs : celui d’Haraucourt visité en 1838 par le prince héritier, le duc d’Orléans et celui de Villers (rebaptisé fort d'Orléans) dont le duc de Nemours posa la première pierre en 1842.70

Lors de la guerre de 1870, on entendit le canon tonner surtout du côté de la frontière et du côté de Metz mais peu dans la vallée de la Seille. D’autant plus que l’étang de Lindre était alors en assec et ne pouvait donc pas participer à la défense de la place de Marsal laquelle dut rapidement capituler.71
Seule une stèle dans le cimetière de Delme, à la gloire, bien sûr, des héros allemands, témoigne de ces combats dans notre région !

Conséquence de la défaite de Napoléon III à Sedan : l’annexion d’une partie de la Moselle et de la Meurthe à l’Allemagne ! Les deux parties restées à la France composèrent le nouveau département de la Meurthe-et-Moselle. L’arrondissement de Château-Salins fut rattaché au « Reichsland Elsass-Lothringen », la terre d’Empire d’Alsace-Lorraine.

 

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La frontière de 1871 avec la « France de l’intérieur » suivait la Seille de Pettoncourt jusqu’à Aulnois. [carte postale collection José Bourguignon]

La gare impériale de Chambrey est toujours là, à la frontière avec la France alors meurtrie, pour témoigner de la politique de prestige du Kaiser.

Dans le cimetière de Tarquimpol se trouve la tombe de Maurice Barthélemy, ancien maire de la commune qui fut auparavant député à la chambre d’Alsace-Lorraine, au Landtag de Strasbourg, .

 

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